Parc de la Bergère à Bobigny : Porte sur le Grand Paris cyclable et le canal de l’Ourcq

22/04/2026

Le parc de la Bergère à Bobigny joue aujourd’hui un rôle-clé dans le renouveau cyclable du Grand Paris. Véritable carrefour entre paysages bucoliques et urbanisme contemporain, il offre une porte d’accès privilégiée au canal de l’Ourcq et son itinéraire cyclable majeur reliant Paris à la Seine-Saint-Denis, sur près de 20 kilomètres continus. Ce vaste espace vert, réinventé ces dernières années, conjugue :
  • Un maillage performant de pistes cyclables connectées à la capitale, au parc départemental de la Courneuve ou encore au parc de la Poudrerie à Sevran.
  • Des aménagements dédiés au public cycliste et à la promenade douce, incluant signalétique, aire de pique-nique, et accès direct à la voie verte du canal.
  • Un parcours mêlant friches, patrimoine industriel, street-art, faune des berges et nouveaux écoquartiers, pour des explorations urbaines inédites.
  • L’accueil de nombreux événements, ateliers, et initiatives associatives en faveur de la mobilité active et du tourisme local.
Autant d’atouts qui font du parc de la Bergère une étape incontournable pour (re)découvrir la Seine-Saint-Denis autrement, entre nature, culture et mouvement.

D'un parc de banlieue à une entrée magistrale sur la grande traversée de l’Ourcq

Il y a quelques années encore, le parc de la Bergère évoquait davantage un bel écrin vert fréquenté par quelques riverains de Bobigny que le jalon central d’une métropole mobile et en mutation. Aujourd’hui, difficile de passer à côté de ce parc de 16 hectares, posé à la lisière du canal de l’Ourcq, dans une Seine-Saint-Denis en pleine métamorphose. Lieu de rendez-vous des habitants et des cyclistes de passage, il est devenu l’une des valeurs refuges d’un urbanisme apaisé aux portes du périphérique.

À Bobigny, ville pionnière dans l’histoire urbaine (première ville pavillonnaire du XXe siècle, berceau de la première ligne de métro de banlieue en 1924), la Bergère s’affiche aujourd’hui comme une interface stratégique. Elle connecte le centre-ville, les quartiers du Pont de Bondy, le métro Pablo Picasso, le plus grand campus universitaire du département… et surtout un des axes cyclables les plus continus du Grand Paris : la voie verte du canal de l’Ourcq.

Le canal de l’Ourcq : une colonne vertébrale cyclable longue de 20 km

Long ruban aquatique créé sous Napoléon 1er, le canal de l’Ourcq a propulsé l’Est parisien au rang de corridor industriel avant de devenir, après désaffection, une destination pour les loisirs de plein air. Son chemin de halage, transformé progressivement en piste cyclable dès les années 2000, s’affirme comme l’un des plus grands atouts cyclables métropolitains. À la Bergère, on franchit le seuil d’un itinéraire qui, depuis la porte de la Villette à Paris (19e) jusqu’au parc de la Poudrerie à Sevran, déploie, sur près de 20 kilomètres, une expérience fluide, dépaysante et villégiature.

  • Un parcours sécurisé, sans voitures sur la quasi-totalité du trajet, adapté à tous les niveaux et types de vélos, du VAE familial à la randonneuse.
  • Des paysages variés : street art, silos colorés, anciens entrepôts, usines désaffectées, prairies urbaines, micro-forêts, ponts et écluses…
  • Des passerelles et haltes : squares, terrasses, équipements de sport ou de pique-nique. La plupart issus des aménagements “Est Ensemble” et du Département de la Seine-Saint-Denis (source).
  • Un maillon vers la Vélopolitain, le réseau de voies cyclables structurant du Grand Paris, selon le plan adopté par la Métropole du Grand Paris en 2019 (source).

Au cœur du parc : aménager le repos, la rencontre, la connexion

L’identité cyclable du parc de la Bergère ne se limite pas à sa simple situation géographique. Depuis qu’il a été réhabilité en 2016, il a clairement pris le parti d’accueillir et d’accompagner la mobilité douce. Les circulations internes sont pensées pour éviter la “cohabitation contrainte” entre joggeurs, familles, touristes à rollers ou vélos cargo. Large allée centrale, boucles paysagères, signage lisible, stations de gonflage ou de réparation, parkings vélo, aires de jeux accessibles, sont devenus la norme (Conseil départemental 93).

La passerelle piétons/vélos qui relie le quartier du Pont de Bondy à la rive opposée illustre cette volonté de faire du parc une interface naturelle et urbaine, où la pratique du vélo n’est ni cantonnée à une “activité de loisir” ni à un simple mode de transport temporaire. C’est un vrai lieu de vie cycliste, accueillant festivals, brocantes-vélo, événements “Vélorution”, et ateliers de réparation animés par des associations locales (ex : Dynamo ou les ateliers mobile de Bobigny).

L’itinéraire cyclable : exploration guidée de la Bergère vers les multiples visages de l’Ourcq

Depuis la sortie du métro Pablo Picasso (ligne 5), on gagne le parc en quelques minutes. L’accès se fait en franchissant la grande place rénovée, où s’alignent désormais foodtrucks et terrasses d’été. Le long du canal, la piste cyclable s’impose immédiatement, repérable à son revêtement foncé et à ses balisages directionnels harmonisés récemment entre Paris et la Seine-Saint-Denis.

L’expérience cyclable dans le parc est accessible à tous : location de vélos via les stations Vélib', accès PMR, pontons pour les pauses et les regards sur le canal. À la sortie du parc, le parcours file en ligne droite en direction de Pantin (sud) ou se faufile vers Bondy, Noisy-le-Sec, Livry-Gargan et Sevran (nord-est). C’est sur ce tronçon que la variété des paysages frappe vraiment le visiteur : 

  • Les Magasins Généraux de Pantin, reconvertis en temple du design et du coworking sur fonds de street art géant ;
  • La Cité Fertile à Pantin, ancienne gare de marchandise devenue tiers-lieu écolo-culturel (« La Cité Fertile », SNCF Immobilier, 2018) ;
  • L’épicerie sur l’eau, à deux pas de la Bergère, pour un café ou des produits locaux… accessible… en barque !
  • Le Parc Départemental du Sausset, relié à la piste à Livry-Gargan, pour un détour forestier ;
  • Le Parc de la Poudrerie à Sevran, étape finale de l’itinéraire classique, symbole de la reconversion verte de l’Est parisien.

À noter que plusieurs points services, toilettes et liaisons possibles avec le RER (RER E à Noisy-le-Sec, T4 à Bondy, T1 à Bobigny) en font un itinéraire hyper-accessible, y compris pour les familles ou les novices. La densification urbaine du secteur (quartier Écocité, nouvelles résidences le long du canal) ne nuit en rien au sentiment d’espace et d’évasion, bien au contraire : le canal devient colonne vertébrale d’un Grand Paris cyclable, lisible et fluide.

Chiffres-clés, enjeux et perspectives : le canal des mobilités actives

Le canal de l’Ourcq, c’est environ 4 millions de passages de cyclistes et piétons par an (chiffres Est Ensemble, 2023). Entre 2015 et 2022, la fréquentation a bondi de plus de 70%, portée par la démocratisation du vélo et la rénovation du parcours. Le parc de la Bergère, lui-même, est fréquenté par plus de 1,2 million de visiteurs annuels, preuve de son pouvoir d’attraction, au-delà de Bobigny et de la Seine-Saint-Denis.

Derrière ces maisons chiffrées, des politiques publiques volontaristes : investissement de 15 millions d’euros pour la requalification de la piste et le programme “Ourcq Can’Bike” co-piloté par Est Ensemble et le Département. Au-delà de l’usage quotidien, le canal est aussi devenu laboratoire de la ville verte : jardins partagés, chantiers écologiques avec la LPO (Ligue pour la protection des oiseaux), biodiversité retrouvée sur les berges, programme de lutte contre les îlots de chaleur urbains (source : Est Ensemble 2023).

Le pari de la mobilité active, c’est aussi celui d’un apaisement urbain : la cohabitation usagers-lieux, l’arrivée de nouvelles populations (jeunes urbains, familles, néo-ruraux du Grand Paris), la remise en valeur d’un patrimoine industriel longtemps abandonné. Les prochaines étapes ? La “Passerelle des Arts” prévue sur l’Ourcq, les connexions à la Boucle Nord de Seine via Saint-Denis, ou encore l’arrivée, à moyen terme, du réseau Vélo Express du Grand Paris (RER Vélo).

Ouverture : Repenser la métropole à hauteur de vélo (et de citadin curieux)

Se balader à vélo depuis le parc de la Bergère jusqu’aux rives de la Poudrerie, c’est changer d’échelle, de respiration, de perception du Grand Paris. Entre promeneurs, habitants, enfants des quartiers alentour et jeunes actifs venus de plus loin, le canal compose un visage pluriel de la ville d’aujourd’hui : accessible, hybride, multiple.

Le parc de la Bergère n’est donc pas seulement un “beau spot” pour cyclistes ; il est une porte d’entrée géographique et symbolique vers une métropole où mobilité douce, culture et écologie se rejoignent. C’est là toute la promesse de cette balade cyclable : faire de la ville un terrain commun, un espace à redécouvrir sur deux roues, hors des clichés, au rythme du canal, entre histoire, renouveau et horizons ouverts.

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