Des racines profondes : l’histoire tissée dans le paysage
Impossible d’arpenter le Bois de Vincennes sans penser à Napoléon III, de longer les allées du parc de Sceaux sans évoquer Colbert, ou d’expérimenter Le parc des Buttes-Chaumont sans se rappeler qu’on est sur une ancienne carrière. Les grands parcs du Grand Paris sont la mémoire à ciel ouvert d’une agglomération en perpétuel mouvement.
Beaucoup, à l’origine, sont des chasses royales ou des domaines d’agrément pour classes dirigeantes : Bois de Boulogne, Bois de Vincennes, Parc de Saint-Cloud… La Révolution, puis la démocratisation du jardin public au XIXe siècle, bouleversent l’accès à ces poumons verts. L’État puis la Ville de Paris les rattachent au bien commun. Certains, comme le Parc Montsouris (ouvert en 1869), résultent de la politique hygiéniste – il fallait alors offrir à tous la santé par la promenade et l’air pur, selon le credo d’Haussmann et Alphand.
Même en banlieue, autour de parcs majeurs (parc de la Légion d’Honneur à Saint-Denis, parc de la Courneuve), le patrimoine paysager s’inscrit dans la réinterprétation de l’histoire locale : reconversion des terrains militaires, valorisation d’exploitations agricoles ou hommage à l’industrie.