Gonesse
Société
Par Christophe Rigaud
Publié le 20/12/2018 à 10:34

EuropaCity : le préfet du Val-d’Oise donne son feu vert

Le préfet du Val-d’Oise, Jean Yves Latournerie, vient de prendre un arrêté de Déclaration d’Utilité Publique (DUP) concernant le projet d’aménagement du Triangle de Gonesse, sur lequel doit notamment voir le jour EuropaCity à l’horizon 2027. Les opposants annoncent d’ors et déjà leur intention de déposer un recours.

Le projet d’aménagement du Triangle de Gonesse vient de franchir une nouvelle étape administrative. Jean-Yves Latournerie, préfet du Val-d’Oise a pris un arrêté de Déclaration d’Utilité Publique (DUP) concernant l’opération. Condition préalable, cette procédure va permettre de réaliser les expropriations en vue du futur aménagement.

Ce vaste projet d’urbanisation, porté par l’aménageur Grand Paris Aménagement, prévoit notamment de faire émerger d’ici 2030, sur 280 hectares de terres agricoles situées entre les aéroports du Bourget et de Roissy Charles de Gaulle, un quartier d’affaires international, EuropaCity, immense complexe de commerces et de loisirs, ainsi qu’une gare de la futur ligne 17 du Grand Paris Express. Ce dernier équipement pharaonique de 80 hectares estimé à 3,1 milliards d’euros, lui, est porté par Ceetrus (ex-Immochan) et le conglomérat géant chinois Wanda.

Cette décision fait suite à l’enquête d’utilité publique tenue entre le 8 janvier et le 21 février dernier, suivie de l’avis favorable, remis en juillet par le commissaire enquêteur. Ce dernier évoquait une opération « globalement cohérente avec les objectifs annoncés » présentant « des avantages […] nettement plus importants pour la collectivité et les populations que les inconvénients qui en résultent ». Dans son rapport, le commissaire enquêteur avait émis tout de même quelques réserves et recommandations en premier lieu desquelles la réalisation « presque inéluctable » de la ligne 17 du métro automatique du Grand Paris Express chargée de desservir la zone du projet.

Une décision “incohérente”

L’urbanisation du Triangle de Gonesse est décrié par plusieurs associations environnementales qui dénoncent le bétonnage des terres agricoles au profit notamment d’un énième centre commercial. Bernard Loup, l’une des figures de l’opposition d’EuropaCity, affirme ne pas être « surpris par cette décision » qu’il juge « incohérente ». « Le préfet signe une DUP sur une ZAC qui n’existe pas juridiquement », s’étonne le président du Collectif pour le Triangle de Gonesse (CPTG) qui porte notamment un projet alternatif baptisé Carma.

En effet, cette décision intervient alors même que le 6 mars dernier, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise avait donné raison à ses opposants en annulant l’arrêté du préfet du Val-d’Oise autorisant la création de la ZAC dite du « Triangle de Gonesse ». Le tribunal avait considéré que « l’étude d’impact mise à disposition du public dans le cadre de l’enquête publique était insuffisante sur plusieurs points ». Un jugement contre lequel l’Etat a fait appel, toujours en attente d’être rejugé.

Alain Boulanger, l’un des porte-paroles d’un autre collectif « Europas Du Tout », s’étonne même que cette « décision soit prise par le préfet du Val-d’Oise et non par le préfet de région au minimum voir plus haut [par exemple du Conseil d’Etat sous la forme d’un décret, ndlr]au regard de l’impact du projet ». Le collectif « Europas Du Tout » qui fédère près de 600 commerçants et 20 associations et appelle à l’arrêt total d’EuropaCity reste néanmoins favorable à une urbanisation mesurée et réfléchie du site, contrairement au CPTG.

Des recours en perspectives

Cette décision intervient également après les déclarations de l’ancien ministre de la transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, qui en juillet dernier avait qualifié EuropaCity de « folie des grandeurs », puis celle de Benjamin Griveau, porte parole du gouvernement, exprimant en octobre dernier ses réserves à « titre personnel » sur le même projet.

 

Tout comme le recours sur la création de la ZAC puis plus récemment celui contre le permis de construire de la gare de la ligne 17, les opposants à l’aménagement du Triangle de Gonesse tel qu’il est prévu, annoncent d’ors et déjà leur intention de déposer un recours comme la loi les y autorise. Ils ont deux mois pour le faire à compter de la publication de l’arrêté préfectoral.