Montpellier
Société
Par Miailhes Antoine
Publié le 01/10/2020 à 18:30

Dossier : Les squats, l'équation impossible à résoudre ?

Ce sont des lieux que l'on retrouve par centaines sur tout le territoire français. Les squats. Par ce terme, comprenez une occupation d'un lieu, illégale selon la loi, en vue d'y habiter. On y retrouve souvent des populations précaires et des personnes issues de toutes origines venues demander l'asile en France. Pourtant pour éviter ces squats, des structures existent. Problème, elle sont loin d'avoir la place suffisante pour pallier à une forte demande. 


Demba est en France depuis trois ans. Et comme 220 autres personnes, il vit dans le squat des anciennes archives départementales de Montpellier. Comme tous, il espère trouver un logement, mais son statut d’immigré l’empêche d’y accéder. Aujourd’hui, il redoute en plus une possible expulsion. Le squat est géré depuis son ouverture par le collectif Lutopia. Depuis plusieurs jours, il a commencé à référencer tous les habitants pour anticiper au mieux une expulsion "et trouver des solutions à des familles entières en très grande précarité" d'après les représentants du collectif. 


Des capacités insuffisantes dans les CADA


La mairie de Montpellier, qui possède les murs est d'ailleurs en attente d'un projet d'école à la place. Le maire, Michaël Delafosse (PS) souhaite donc accompagner du mieux possible la sortie des occupants : "J'ai souhaité qu'un dialogue s'ouvre pour examiner chaque situation dans le cadre du droit", explique-t-il. "Cependant, il faut que l'on examine vite les solutions car les squats n'ont pas vocation à devenir la norme". La norme justement, voudrait que ces populations soient redirigées vers les Centre d'accueil pour demandeurs d'asile (CADA). Problème d’après plusieurs associations, ils sont saturés. Dans toute l’Occitanie, on compte un peu plus de 4000 places dans ces structures. Un nombre nettement inférieur à celui des demandeurs d’asiles concentrés sur Toulouse et Montauban. Le Secours catholique en a répertorié 5000 rien que sur ces deux villes.


Les logements vacants à l'origine du problème?


Pour éviter de voir ces populations terminer dans un squat, 473 places supplémentaires en CADA ont été crées l’an dernier dans notre Région. A Saint-Affrique, dans l'Aveyron, un nouveau centre vient d'ailleurs d'être inauguré. Les personnes en attente d’une demande d’asile peuvent y apprendre le français, cuisiner et s’informer sur leur régularisation. Pour dormir, elle sont hébergées sur les 16 logements mis à disposition de l’organisme Habitat et humanisme. Des logements longtemps laissés vacants. "La vacance, c'est justement le problème", analyse Bernard Devert, le président de l'association. "Cela traduit même un refus de l'autre et de se mettre à sa place".  Pour ce projet, Habitat et humanisme a été aidé par l’Occitanie à hauteur de 20 000 euros. De nouvelles places en CADA devraient prochainement voir le jour en France et dans notre région. La loi de finances 2021 en prévoit 3000 supplémentaires.