Paris
Société
Par Vià Grand Paris
Publié le 02/04/2020 à 07:25

Confinement : le silence s'installe en Ile-de-France

9 décibels en moins le long des axes routiers en Ile de France, l'aéroport d' Orly fermé, les pistes Sud de Roissy à l'arrêt depuis le 20 mars 2020, moins de bruit de long des voies ferrées, du répit pour les riverains des chantiers ... Un constat partagé par les habitants d'Ile-de-France que vient valider une étude de BruitParif.

Au terme de la seconde semaine de confinement (25 au 31 mars), Bruitparif a fait le point sur la situation. Ses 150 stations de mesure déployées en Île-de-France dans des contextes variés sont unanimes : avec le confinement décrété en raison de l’épidémie de covid19, un silence inhabituel a envahi l’Île-de-France et notamment sa zone urbaine dense. "La raison en est simple : la très forte baisse des émissions sonores d’origine anthropique en lien avec la diminution drastique des trafics routier, aérien et même ferroviaire, l’arrêt des chantiers et la fermeture de nombreuses activités et lieux festifs (bars, restaurants et établissements diffusant des sons amplifiés)", explique BruitParif. 

Depuis le mardi 17 mars 2020, date d’entrée en vigueur du confinement, le bruit généré par la circulation routière a chuté progressivement, en même temps que le trafic automobile se raréfiait. Les diminutions restent plus marquées sur le réseau de voirie dans Paris intra-muros que sur les grands axes (bd périphérique, autoroutes, routes nationales ou départementales en banlieue). Au cours de la seconde semaine de confinement, des diminutions moyennes de 7,3 dB ont été enregistrées.
La même tendance est retrouvée sur les grands axes avec des baisses au cours de la seconde semaine qui s’établissent à 5,7 dB(A) et 6,7 dB(A)

Les personnes habitant près des aéroports ne subissent pratiquement plus de survols d’aéronefs du fait du très fort ralentissement de l’activité aéroportuaire qui s’est encore accentué au cours de la seconde semaine de confinement. Les diminutions de bruit enregistrées sur les différentes stations de mesure du bruit aérien de Bruitparif peuvent être consultées de manière détaillée sur le site http://survol.bruitparif.fr. Le bruit lié au trafic aérien a disparu de part et d’autre du doublet Sud de l’aéroport Paris-CDG qui ne compte désormais plus aucun mouvement (pistes fermées depuis le 20 mars 2020).

La situation est un peu moins drastique de part et d’autre du doublet Nord qui fonctionne encore. Toutefois, depuis le 20 mars 2020, le nombre de survols décroît de manière progressive, entraînant des diminutions importantes des indicateurs de bruit aérien. Au cours de la seconde semaine de confinement, les baisses constatées atteignent ainsi en moyenne 6,5 dB(A) pour l’indicateur Lden et 7,5 dB(A) pour l’indicateur Ln par rapport à une situation habituelle. Ceci correspond à Roissy à une baisse de 70% du nombre de survols détectés sur la période.

Autour de l’aéroport d’Orly, la baisse a été progressive à partir du 20 mars et est désormais très marquée. Au cours de la seconde semaine de confinement, les baisses constatées atteignent ainsi en moyenne 17 dB(A) pour l’indicateur Lden et 37 dB(A) pour l’indicateur Ln par rapport à une situation habituelle. Ceci correspond à une baisse de 94% du nombre de survols détectés sur la période. Il est d’ailleurs à noter qu’Aéroports de Paris a annoncé le confinement de l’aéroport d’Orly à compter du 1er avril.

On note également une diminution très importante du trafic sur l’aéroport d’affaires du Bourget (-80% du nombre de survols détectés), entraînant une baisse de l’ordre de 10 dB(A) de l’indicateur Lden aérien sur les stations situées habituellement sous les survols de cet aéroport.

Une très nette baisse du bruit en lien avec la circulation ferroviaire est également observée du fait de la réduction importante des trafics, et celle-ci s’est amplifiée au cours de la seconde semaine de confinement. Selon les résultats des stations de Bruitparif situées aux abords des voies ferrées, les baisses s’établissent en moyenne à 6 et 7,2 décibels pour les indicateurs Lden et Ln au cours de la seconde semaine de confinement, contre 4,5 et 4,7 décibels constatés au cours de la première semaine.

Enfin, depuis le dimanche 15 mars 2020, date de fermeture officielle des commerces non essentiels, les nuisances sonores ont disparu des quartiers animés de la capitale, qui comptent de nombreux bars et restaurants ou établissements habituellement fortement fréquentés en soirée et en début de nuit. Ainsi, selon les résultats des stations de mesure déployées par Bruitparif dans certains de ces quartiers, les baisses de décibels atteignent en moyenne 9 à 17 décibels sur le créneau compris entre 22 heures le soir et 2 heures du matin. Les soirs de week-end (vendredi et samedi soirs), la chute est encore plus marquée avec de 10 à 20 décibels de moins selon les quartiers.

Pour finir, les riverains des chantiers à l'arrêt, en particulier ceux du Grand Paris Express, peuvent également profiter du silence, jour comme nuit, avec l’arrêt des chantiers qui s’est généralisé depuis le 18 mars 2020. Le graphique ci-après illustre les diminutions très importantes observées du bruit ambiant sur les périodes diurnes et nocturnes aux abords de certains chantiers qui font l’objet d’une surveillance continue par Bruitparif. Sur certains chantiers, la chute des décibels atteint 20 dB(A).