Paris
Société
Par Zanetta Olivier
Publié le 14/09/2020 à 17:58

AMIF : Candidat à sa réélection, Beaudet défend son bilan et affiche ses soutiens

C’était « un secret de polichinelle », de son propre aveu. Stéphane Beaudet, maire d’Evry-Courcouronnes, est candidat pour un nouveau mandat à la présidence de l’AMIF (Association des Maires d’Ile-de-France) pour « porter la parole de nos territoires franciliens ». Le sortant a longuement défendu, ce lundi 14 septembre en conférence de presse, un bilan sévèrement critiqué par Jean-Philippe Dugoin-Clément, vice-président de la Région comme lui et issu aussi de l’Essonne. Une candidature qu’il ne comprend pas.


« L’AMIF est une association. Ce n’est pas un parti politique. Ce n’est pas une collectivité distributrice de subventions. Ce n’est pas une organisation partisane qui se fixerait comme objectif de peser dans telle ou telle désignation de telle ou telle échéance électorale ». Les mots sont de Stéphane Beaudet dans un document à destination des maires d’Ile-de-France annonçant sa candidature. Voilà comment le sortant traduit la démarche de Jean-Philippe Dugoin-Clément qui brigue la présidence de l’AMIF.


Dans ce document de campagne, Stéphane Beaudet ne cite pourtant pas le maire de Mennecy. Cependant en conférence de presse, ce lundi, il est revenu sur le sens de cette petite phrase qu’il a prononcé cette fois devant les journalistes. « On est de la même famille de pensée (avec Jean-Philippe Dugoin-Clément), on a été colistiers sur la liste de Valérie Pécresse (dans l’Essonne). Je suis président de l’AMIF, cette candidature arrive à 6 mois d’échéances régionales. Chacun trouvera sa réponse ». Et de s’interroger. « aventure personnelle ? » « montrer les biscotos avant les régionales ? Si c’est le cas, il ne faut pas se tromper ! ». Le président sortant de l’AMIF ne s’étendra pas. « Je ne veux pas être agressif, distancié dans cette campagne. Ce tract pose le bilan et précise ce que l’on a envie de faire ».


S’il cherche à ne pas polémiquer avec son adversaire, Stéphane Beaudet semble avoir été piqué au vif par les propos de Jean-Philippe Dugoin-Clément sur le bilan de l’Amif. « Il n’y a pas d’abandon de l’AMIF dans les territoires », martèle t-il avant de défendre l’action de l’association qu’il a présidé durant six ans. Stéphane Beaudet assure « défendre les territoires » et cite en exemple « la montée au créneau contre le pacte de stabilité qui privait nos communes de 11 milliards », « les cahiers de doléances après les gilets jaunes qui ont initié le grand débat du président de la République », « la réouverture des marchés forains dans les quartiers populaires » pendant le confinement, « les livres blancs sur la mobilité et le logement », ou encore « les partenariats avec l’AMF, la Région Ile de France, le forum métropolitain du Grand Paris, le Sénat, l’association des maires ruraux ».


Et après cet inventaire, Stéphane Beaudet de poser la question, « qui a remis l’échelle communale au coeur des débats ? », avant d’en apporter sa réponse. « L’AMIF est aujourd’hui écoutée par l’Etat, sa voix porte enfin dans les médias ». Et d’en conclure, nouvelle flèche décochée à son adversaire, que « si l’AMIF attise les convoitises, c'est qu’elle est suffisamment visible pour attirer les prétendants ».


« Ce n’est pas mon bilan, c’est le nôtre, collectivement, le sien (Jean-Philippe Dugoin-Clément) également. Il est secrétaire général adjoint, on ne l’a pas vu en AG en 6 ans ». Et d’en conclure : « L’action de l’AMIF ne fait pas débat. Sans la candidature de Jean-Philippe Dugoin-Clément je n’aurai pas eu autant de soutiens ».


Le maire d’Evry-Courcouronnes en avance une petite centaine dans son document de campagne. On y retrouve des maires de droite des quatre coins de l’Ile-de-France  (Vincent Jeanbrun, maire de L’Haÿ-les-Roses -94- et président du Groupe Libres, Républicains, Indépendants au Conseil Régional, Arnaud Péricard maire de Saint-Germain-en-Laye -78- Hervé Chevreau, maire d’Épinay-sur-Seine -93-), des élus de gauche aussi (Anne Hidalgo maire PS de Paris, Michel Valade maire communiste de Pierrelaye). Et enfin des personnalités, au premier rang desquels François Baroin, le président de l’AMF que Stéphane Beaudet n’a pas hésité à mettre en bonne place en photo dans son document de campagne. On trouve aussi un cliché de Valérie Pécresse, la présidente de Région, qui pour l’heure s’est bien gardée de départager ses deux vice-présidents.


Jean-Philippe Dugoin-Clément propose un débat ... refus net


L'adversaire de Stéphane Beaudet lui a proposé ce lundi un débat. « Avec la crise sans précédent que nous traversons, nous le devons aux élus locaux d’abord mais aussi à toutes celles et ceux qui participent à la vie de notre association et la font vivre au quotidien, collaborateurs et partenaires. J’invite donc le président sortant à parler du fond, à défendre son bilan s’il le souhaite, à parler des maires et des élus qui se sentent abandonnés, à parler du travail qui nous incombe, à parler de nos territoires, bref à se mettre à la hauteur des enjeux qui sont devant nous. Pour cela, je l’invite à débattre publiquement du sens et des orientations que nous voulons donner à l’AMIF afin d’affronter efficacement les enjeux d’aujourd’hui et de demain ». « La démocratie, c’est le débat de fond, calme et serein. Donc non aux attaques ad hominem et à une personnalisation des enjeux », déclare Jean-Philippe Dugoin-Clément qui estime que les dernières déclarations de Stéphane Beaudet à son sujet relève de « l’affect, de l’ego, du ressenti et de la victimisation pour qualifier (sa) déclaration de candidature » à la Présidence de l’AMIF.

Interrogé à l'occasion de sa conférence de presse, Stéphane Beaudet a exprimé son refus : « Quand on parle de la présidence d'une association, ça n’a pas de sens. Le débat il a lieu à l’association, à l’assemblée générale, une fois par an ».