Paris
Société
Par Christophe Rigaud
Publié le 17/01/2020 à 15:38

Abandon d’EuropaCity : des élus demandent à l’État de reconsidérer sa décision

Deux mois et demi après l’annonce par l’Élysée de l’abandon d’EuropaCity, projet de mégacomplexe de commerces et loisirs, des élus du Val-d’Oise ont déposé un « recours gracieux » auprès du Premier ministre pour l’enjoindre de revenir sur cette décision.

Le département du Val-d’Oise, la municipalité de Gonesse ainsi que la Communauté d’agglomération Roissy Pays de France n’ont pas dit leur dernier mot. Après l’organisation d’une conférence de presse puis d’une réunion publique, les collectivités continuent de clamer leur mécontentement et l’illégitimité de cette décision. Dernière action en date : le dépôt conjoint d’un « recours gracieux » au Premier ministre Édouard Philippe afin qu’il reconsidère l’abandon d’EuropaCity, annoncé le 7 novembre dernier. Un retour en arrière que les élus locaux savent peu probable.

Dans ce recours, les collectivités territoriales expliquent travailler depuis plus de 15 ans, « avec la Région Île-de-France et l’État, à construire un projet pour le Triangle de Gonesse et l’Est du Val d’Oise dont la qualité était connue et reconnue territoriales ». Ces dernières dénoncent une décision « illégale » prise sans « concertation sérieuse préalable » et entachée de « vices de procédures ». À travers ce document, les élus contestent les trois motifs avancés par l’État pour justifier sa décision à savoir « une conception datée de l’aménagement du territoire et à un certain modèle de consommation qui ne répond plus aux attentes de nos concitoyens », « l’augmentation du trafic automobile » qu’aurait généré le complexe, et une « artificialisation erronée de 80 ha de terres agricoles ». Par le biais de leur avocat, les élus rappellent « les répercussions sociales favorables du projet pour le territoire et l’attractivité de l’Île-de-France » qu’aurait engendré EuropaCity.

Ce projet qui devait voir le jour à l’horizon 2027 et porté par Ceetrus [filiale immobilière d’Auchan, ndlr]et le géant chinois Wanda, était notamment contesté par plusieurs associations environnementales.

Un autre recours en préparation

« Nous ne pouvons que dénoncer un excès de pouvoir de l’État recentralisateur. Cette action collective d’aujourd’hui est dictée par notre engagement quotidien pour les Valdoisiens et pour l’attractivité de notre territoire méprisé par l’État », tonne Marie-Christine Cavecchi, présidente (LR) du Conseil départemental du Val-d’Oise.

À compter du retour de l’État, les élus auront par la suite deux mois pour éventuellement porter leur contestation devant la justice en déposant un recours contentieux devant le tribunal administratif. 

En attendant, un second recours est en préparation, cette fois pour obtenir des compensations financières. « Nous sommes en train d’évaluer le manque à gagner de cette décision pour les collectivités », explique-t-on au cabinet du maire de Gonesse.

Depuis l’abandon du projet, une mission a été confiée à Francis Rol-Tanguy, ancien directeur de l’Atelier parisien d’urbanisme, afin de travailler à l’élaboration d’un projet alternatif.